François Sagan

Des livres de poche

26 mai 08

Phèdre (Racine)

Phèdre, seconde épouse du roi Thésée, est tombée amoureuse de son beau-fils Hippolyte. Cette passion lui semble si monstrueuse qu'elle se résout à mourir plutôt que d'avouer son amour. Ne pouvant toutefois supporter le chagrin de sa nourrice Œnone, qui la voit dépérir, elle lui confie l'origine du mal qui la consume. Bientôt circule la rumeur de la mort de Thésée, absent depuis de longs mois. Sa succession au trône ouvre une crise politique. Phèdre consulte Hippolyte; mais, troublée par la présence du jeune homme, elle finit par lui avouer qu'elle l'aime. Hippolyte s'enfuit, horrifié. Thésée serait vivant, apprend-on aussitôt après. Phèdre mesure l'horreur de sa situation. Et si Hippolyte venait à parler? Œnone lui suggère de prendre les devants et d'accuser Hippolyte de tentative de viol. Phèdre s'indigne, puis, accablée, laisse Œnone agir à sa guise. Celle-ci le dénonce à Thésée dès son retour. Désespoir et fureur de Thésée. Pour preuve de son innocence, Hippolyte lui révèle qu'il aime Aricie. Thésée ne le croit pas. Honteuse et repentante, Phèdre accourt pour lui révéler la vérité. Mais elle apprend par la bouche d'Œnone qu'Hippolyte aime Aricie. Jalouse, elle décide de ne rien dire. Malgré l'intervention d'Aricie, Thésée demande à Neptune de punir son fils. Le suicide d'Œnone, désespérée de se voir condamnée par Phèdre, le trouble. Trop tard. Un dragon, surgi de la mer sur ordre de Neptune, tue Hippolyte. Phèdre confesse son crime à Thésée et s'empoisonne.

"Phèdre", c'est la passion dévorante, l'amour cruel qui ne peut s'exprimer que par le meurtre ou l'inceste, la jalousie, le mensonge, l'autodestruction, la honte, les remords et l'oeuvre maîtresse de Racine, qui nous offre un texte d'une beauté à faire pleurer les pierres.

Bien évidemment, j'achète ce livre !
Racine.

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22 mai 08

Eloïse (Kay Thompson)

eloise

« Éloïse, c'est moi  ! J'ai six ans et j'habite au Plaza, un grand hôtel de New York. Je suis une vraie calamité, paraît-il. C'est ce que dit le directeur de l'hôtel... Mais moi, je me dis que, dans la vie, on n'a pas le droit de s'ennuyer, et croyez-moi, on ne s'ennuie pas au Plaza : entre les promenades en ascenseur, les réceptions mondaines et les tempêtes dans la salle de bains, je suis si occupée que je me demande bien comment je peux arriver à tout faire. »

Eloïse donne du raisin sec à Fanchounette sa tortue. Elle se coiffe à l'aide d'une fourchette, mange de la meringue en regardantdes matchs de boxe, chausse de grosses lunettes sévères pour décrypter les cours de la bourse, elle transforme les pantoufles en boucles d'oreilles ... Bref, vous l'avez deviné : j'adore Eloïse car elle est übercool. Même si passer une journée en sa compagnie doit être un chemin de croix.

Le site d'Eloïse.
J'achète le livre ! (version poche chez Folio Junior n°223)

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19 mai 08

Appel du pied (Risa Wataya)

L'héroïne du roman vit dans des sables mouvants émotionnels. Rien n'est clair dans sa tête. Sa relation aux autres est compliquée. Sa vie ne lui convient pas. Elle aimerait autre chose qu'elle parvient difficilement à définir et à atteindre. Une somme de questions, de malaises, de désirs et de fragilité qui nous rappellent Frankie Addams.

Rire c'est baisser la garde, et il faut un grand courage pour baisser sa garde quand on est seule. Je ne voudrais pas être prise sur le fait et sentir un regard qui demande ce qui m'arrive.

Je veux qu'on m'accepte. Je veux que quelqu'un délie un à un tous les fils noirs qui sont pris dans mon coeur comme on détache un à un les cheveux pris dans un peigne (...)

Un tout grand roman sur les turpitudes de l'adolescence.

J'achète le livre !

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16 mai 08

Totto-Chan, la petite fille à la fenêtre (Tetsuko Kuroyanagi)

Tetsuko (aka Totto-Chan) est une petite fille turbulente et pleine de vie, qui mène la vie dure à son institutrice au point que celle-ci décide de la renvoyer.

Ses parents décident de l'inscrire à Tomoe, une école où les cours se donnent dans de vieux wagons et où l'objectif du directeur est que le corps et l'esprit des élèves se développent conjointement, en parfaite harmonie, dans l'apprentissage de l'estime de soi, le respect de l'autre et la tolérance, la ténacité, l'acceptation de l'échec (entre autres).

Une conception de l'éducation que l'on peut qualifier d'éclairée et qui prend brusquement fin lors des bombardements de la seconde guerre mondiale.

Il s'agit en fait de l'autobiograpie de Tetsuko Kuroyanagi, immense star de la télé japonaise et actrice.

La fabuleuse Tetsuko Kuroyanagi à la télé.
J'achète le livre !

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13 mai 08

Le lys dans la vallée (Honoré de Balzac)

Le Lys dans la vallée est l’histoire de l’amour intense et platonique entre Félix de Vandenesse et la comtesse Blanche-Henriette de Mortsauf, la vertueuse épouse du comte de Mortsauf, un homme sombre et violent. Félix de Vandenesse raconte son enfance malheureuse et sa rencontre avec cete femme pure et inaccessible. Après plusieurs années de relation chaste, Félix rencontre à Paris une aristocrate anglaise, qui lui fait découvrir les passions charnelles. Henriette, vient à apprendre leur relation et se met à dépérir, jusqu’à la mort.

J'avais aimé ce livre pour une raison particulière : Félix compose des bouquets de fleurs soucieux de l'harmonie des couleurs et de la correspondance entre les fleurs et ses sentiments pour Mme de Mortsauf.

L'extrait en question :

Aucune déclaration, nulle preuve de passion insensée n’eut de contagion plus violente que ces symphonies de fleurs, où mon désir trompé me faisait déployer les efforts que Beethoven exprimait avec ses notes ; retours profonds sur lui-même, élans prodigieux vers le ciel. Madame de Mortsauf n’était plus qu’Henriette à leur aspect. Elle y revenait sans cesse, elle s’en nourrissait, elle y reprenait toutes les pensées que j’y avais mises, quand pour les recevoir elle relevait la tête de dessus son métier à tapisserie en disant : — Mon Dieu, que cela est beau ! Vous comprendrez cette délicieuse correspondance par le détail d’un bouquet, comme d’après un fragment de poésie vous comprendriez Saadi. Avez-vous senti dans les prairies, au mois de mai, ce parfum qui communique à tous les êtres l’ivresse de la fécondation, qui fait qu’en bateau vous trempez vos mains dans l’onde, que vous livrez au vent votre chevelure, et que vos pensées reverdissent comme les touffes forestières ? Une petite herbe, la flouve odorante, est un des plus puissants principes de cette harmonie voilée. Aussi personne ne peut-il la garder impunément près de soi. Mettez dans un bouquet ses lames luisantes et rayées comme une robe à filets blancs et verts, d’inépuisables exhalations remueront au fond de votre cœur les roses en bouton que la pudeur y écrase. Autour du col évasé de la porcelaine, supposez une forte marge uniquement composée des touffes blanches particulières au sédum des vignes en Touraine ; vague image des formes souhaitées, roulées comme celles d’une esclave soumise. De cette assise sortent les spirales des liserons à cloches blanches, les brindilles de la bugrane rose, mêlées de quelques fougères, de quelques jeunes pousses de chêne aux feuilles magnifiquement colorées et lustrées ; toutes s’avancent prosternées, humbles comme des saules pleureurs, timides et suppliantes comme des prières. Au-dessus, voyez les fibrilles déliées, fleuries, sans cesse agitées de l’amourette purpurine qui verse à flots ses anthères presque jaunes ; les pyramides neigeuses du paturin des champs et des eaux, la verte chevelure des bromes stériles, les panaches effilés de ces agrostis nommés les épis du vent ; violâtres espérances dont se couronnent les premiers rêves et qui se détachent sur le fond gris de lin où la lumière rayonne autour de ces herbes en fleurs. Mais déjà plus haut, quelques roses du Bengale clairsemées parmi les folles dentelles du daucus, les plumes de la linaigrette, les marabous de la reine des prés, les ombellules du cerfeuil sauvage, les blonds cheveux de la clématite en fruits, les mignons sautoirs de la croisette au blanc de lait, les corymbes des millefeuilles, les tiges diffuses de la fumeterre aux fleurs roses et noires, les vrilles de la vigne, les brins tortueux des chèvrefeuilles ; enfin tout ce que ces naïves créatures ont de plus échevelé, de plus déchiré, des flammes et de triples dards, des feuilles lancéolées, déchiquetées, des tiges tourmentées comme les désirs entortillés au fond de l’âme. Du sein de ce prolixe torrent d’amour qui déborde, s’élance un magnifique double pavot rouge accompagné de ses glands prêts à s’ouvrir, déployant les flammèches de son incendie au-dessus des jasmins étoilés et dominant la pluie incessante du pollen, beau nuage qui papillote dans l’air en reflétant le jour dans ses mille parcelles luisantes ! Quelle femme enivrée par la senteur d’Aphrodise cachée dans la flouve, ne comprendra ce luxe d’idées soumises, cette blanche tendresse troublée par des mouvements indomptés, et ce rouge désir de l’amour qui demande un bonheur refusé dans les luttes cent fois recommencées de la passion contenue, infatigable, éternelle ? Mettez ce discours dans la lumière d’une croisée, afin d’en montrer les frais détails, les délicates oppositions, les arabesques, afin que la souveraine émue y voie une fleur plus épanouie et d’où tombe une larme ; elle sera bien près de s’abandonner, il faudra qu’un ange ou la voix son enfant la retienne au bord de l’abîme. Que donne-t-on à Dieu ? des parfums, de la lumière et des chants, les expressions les plus épurées de notre nature. Eh ! bien, tout ce qu’on offre à Dieu n’était-il pas offert à l’amour dans ce poème de fleurs lumineuses qui bourdonnait incessamment ses mélodies au cœur, en y caressant des voluptés cachées, des espérances inavouées, des illusions qui s’enflamment et s’éteignent comme des fils de la vierge par une nuit chaude.

Le langage des fleurs. (19è siècle)

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07 mai 08

La traversée de l'été (Truman Capote)

Fille cadette d’un important homme d’affaires, Grady Mc Neil s’apprête à passer, à l’âge de dix-sept ans, son premier été seule dans le vaste appartement de ses parents, sur la Cinquième avenue. Seule, ou presque. Car si les Mc Neil ont consenti à embarquer sans elle pour l’Europe à bord du Queen Mary, ils étaient sans doute convaincus que Peter Bell, jeune lion de la bourgeoisie new-yorkaise, prétendant idéal et ami d’enfance de Grady, ne manquerait guère de veiller sur elle. Soucieux de l’entrée de leur fille dans le monde, du jour prochain de sa «présentation», ses parents ignorent tout des sentiments que la jeune femme voue à Clyde, un beau ténébreux d’origine juive, gardien de parking à Broadway, déjà promis à ses propres yeux comme à ceux de sa famille à une certaine Rebecca. De cet amour sans lendemain possible  naît une relation solide, suffisamment sérieuse pour braver les contraintes familiales et les contigences sociales une fois vaincue la chaleur écrasante de l’été.

Truman Capote ne souhaitait pas que cette histoire d'amour new-yorkaise, oeuvre de jeunesse - il avait 19 ans lorsqu'il l'écrivit - soit publiée. Retrouvée lors d'une vente aux enchères, elle l'a quand même été. Pour notre plus grand bonheur. En tout cas du mien.

Trop bien ! Je l'achète.

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05 mai 08

La Princesse Belle-Etoile et le Prince Chéri (Mme d'Aulnoy)

Il était une fois une princesse à laquelle il ne restait plus rien de ses grandeurs passées. Elle prit donc la résolution de vendre le peu qui lui restait, et de s'en aller bien loin avec ses trois filles, s'établir dans quelque maison de campagne blablabla.

Marie-Catherine d’Aulnoy écrivit des contes de fées (4 livres dont est extrait "La Princesse Belle-Etoile et le Prince Chéri") qui lui valurent la célébrité. Comptant parmi les plus authentiques chefs-d'œuvre de la littérature féerique, ses contes l’Oiseau bleu, la Belle au cheveux d’or, Gracieuse et Percinet, le Prince lutin, la Biche au bois, la Chatte blanche, le Rameau d’or, Finette Cendron, le Nain jaune, la Grenouille bienfaisante, reflètent l’évolution d’un genre  genre littéraire désormais destiné au lectorat adulte de la société galante.

Construits comme des aventures romanesques, contemporains, les contes de Mme d'Aulnoy mêlent allègrement excès de préciosité, civilité, bonnes manières, désinvolture, réalisme, moralité, (un brin de) féminisme, amoralité gentille et douce cruauté.

"La Princesse Belle-Etoile et le Prince Chéri" (Prince Chéri ! n'est-ce pas un nom merveilleux ?), où, en gros, une reine est répudiée pour avoir mis au monde des chiots et où un frère et une soeur s'aiment) n'est pas seulement un conte fantastique plein d'humour et d'inventivité. Il constitue également une sorte de photographie de la société de la fin du XVIIè siècle avec son obsession pour le rang, le sang, la royauté, etc.

L'oeuvre est souvent, en partie autobiographique, et de ce fait, fort vivante. Et Dieu sait si la vie de notre pauvre Mme d'Aulnoy fut précisément tout sauf un conte de fées !

Acheter le livre.(la présentation qu'en fait Martine Reid de la p7 à la p18 n'est pas superflue)
Informations sur Mme d'Aulnoy (avec liens vers les Contes)

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02 mai 08

Un garçon près de la rivière (Gore Vidal)

Deux adolescents, Jim Willard et Bob Ford, découvrent l'amour physique avant de se séparer à la fin de l'été. Pendant les années qui suivent, au cours d'un périple américain qui le mènera à vivre, notamment, chez une star d'Hollywood dans les années 30, et à New York parmi les écrivains du Village, Jim Willard tentera de retrouver le moment de grâce qui a marqué la fin de son enfance.

Ce moment de grâce de la vie de Jim et Bob donne des picotements au niveau du ventre. Mais très vite, Gore Vidal se charge de nous rappeler que la vie est plutôt faite d'épines et de désillusions. Avec sensibilité, poésie et force.

L'histoire a également une valeur documentaire (être pédé dans les années 30). Pas si simple apparemment.

Gore Vidal
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