18 juil. 08
VACANCES
Retour le 26 août.
Confessions d'un gang de filles (Joyce Carol Oates)
Dans une petite ville ouvrière au nord de New York, dans les années cinquante, cinq lycéennes mêlent leur sang et forment une bande " Foxfire " vouée à l'orgueil, au pouvoir, et destinée à se venger des humiliations que leur ont fait subir ce monde (principalement les hommes) qu'elles n'ont jamais intégré, un monde qui leur semble fait pour les mépriser et les détruire. Le gang est mené par Legs Sadovsky dont la force, la rage et la fureur sont le terreau des actions du groupe qui de vol à main armée, vol de voitures et kidnapping les mèneront en enfer.
Joyce Carol Oates (dont la présence sur ce blog sera, à mon avis, récurrente) est parvenue à rendre la violence et la tendresse de ces filles d'une façon absolument époustouflante si bien qu'après avoir refermé le livre, on a qu'une seule envie : faire partie de Foxfire ou, en tout cas, d'un gang de filles sauvages et qui en ont dans le petite culotte.
FOXFIRE NE MEURT JAMAIS !
C'est sur ce cri de guerre et de coeur que ce blog prend ses quartiers d'été.
17 juil. 08
Quelques nouveautés littéraires
Quelques livres récemment sortis et qui me font dire "pourquoi pas ?"
- Spellman et associés (Lisa Lutz)
Qui pourrait résister aux Spellman, la famille la plus sérieusement fêlée de la côte Ouest ? Certainement pas leur fille, Izzy, associée et néanmoins suspecte. Car, pour ces détectives-nés, rien n'est plus excitant que d'espionner, filer, faire chanter... les autres Spellman de préférence.
- Pas facile de voler des chevaux (Per Petterson)
A soixante-six ans, Trond Sander se retire dans une petite maison près d'un lac, au nord-est de la Norvège. Il a le sentiment que son rêve de quiétude et de solitude est en passe de se réaliser, mais un soir il fait la connaissance de son voisin Lars. Cette rencontre le replonge dans l'été de ses quinze ans, en 1948. À cette époque, en vacances seul avec son père, il retrouve son camarade Jon. Ensemble, ils " volent des chevaux " pour de petites échappées. Une fois pourtant cela se termine mal : il tombe de cheval et se blesse, puis assiste, impuissant, à une étrange explosion de rage et de violence chez Jon.
- La vie secrète de E. Robert Pendleton (Michael Collins)
Professeur de Creative writing, E. Robert Pendleton est surtout un écrivain raté. Quand son ennemi intime, auteur à succès, est reçu par l'université, il tente de se suicider. Adi, une étudiante, vient jouer les gardes-malades et découvre chez lui un curieux manuscrit. Le Cri est un véritable chef-d'œuvre. Seul problème: le roman donne les clés d'un meurtre demeuré irrésolu.
- Histoires brèves et ultra-brèves (Heimito von Doderer)
Des récits courts, percutants, souvent grinçants et toujours étonnants de justesse psychologique. De la plume de l'Autrichien Heimito von Doderer, plus connu comme maître d'œuvre de constructions romanesques monumentales, voici des textes de circonstance d'un observateur aigu de personnages surprenants et émouvants.
- Les chroniques d'Edimbourg (Alexander McCall Smith)
(tome 1 : 44, Scotland Street - Quand la jeune Pat pousse la porte du 44 Scotland Street, elle espère bien prendre un nouveau départ. Entre son colocataire, un beau gosse insupportable et terriblement séduisant, et son excentrique voisine de palier, Domenica, la voilà entraînée dans une nouvelle vie au cœur de l'Édimbourg bohème. Son travail à la galerie " Something Special " s'annonce pourtant un peu morne. Sauf que Pat découvre au fond de l'obscur endroit un tableau qui pourrait bien valoir son pesant d'or et transformer sa vie ! D'abord publiées sous la forme d'un roman-feuilleton, ces chroniques d'Alexander McCall Smith brossent avec humour et tendresse la société d'Édimbourg et composent, entre chassés-croisés amoureux et intrigues haletantes, une savoureuse galerie de portraits.
- La bible de néon (John Kennedy Toole)
Les années 1940. Un jeune garçon, David, grandit dans une petite ville du Sud, dans une maison délabrée juchée sur une colline. Chaque nuit il voit au loin l'immense bible éclairée de néon qui surplombe l'église, symbole de la ferveur religieuse des habitants, qui méprisent sa famille. David trouve refuge auprès de sa tante, la douce et ronde Mae. Mais bientôt celle-ci part pour Nashville, et le pasteur décide de placer la mère de David à l'asile.
- Le poulet tueur et la folle honteuse (Tennessee Williams)
- Lipstick jungle (Candice Bushnell)
Nico, Wendy et Victory sont des battantes au top de leur carrière mais en perte de vitesse en matière de vie privée... Nico trompe son mari avec un mannequin qui pourrait être son fils, Victory oublie l'échec de sa dernière collection de vêtements dans les bras du premier milliardaire venu, et le mariage de Wendy avec un homme au foyer est en chute libre... Comment gérer le sexe, le business et l'amour lorsqu'on est une femme dans la jungle new-yorkaise ?
- Les Wapshot (John Cheever)
Saint-Botolphs est un vieux bourg au fond d'un estuaire. Peuplée de loups de mer et de vieilles dames excentriques, la petite ville a connu ses jours de gloire au temps des grands voiliers avant de glisser dans la somnolence du déclin. Léandre Wapshot, dont le journal intime constitue une grande partie du roman, tourmenté par son épouse et l'étonnante et tyrannique tante Honora, assiste à la dislocation de son univers. Il voit ses deux fils, Moïse et Coverly, les derniers Wapshot, quitter la ville pour voir le monde et faire leurs preuves, l'un à Washington, l'autre à New York...
16 juil. 08
La découverte du monde (Clarice Lispector)
D'août 1967 à décembre 1973, Clarice Lispector a publié chaque samedi des chroniques dans le Jornal do Brasil.
Elles sont particulièrement intéressantes car on y retrouve une Clarice Lispector protéiforme (écrivaine, journaliste, épouse, mère, amie, protectrice, philosophe, etc) qui nous permet de mieux la connaître et, peut-être, de mieux appréhender son oeuvre.
Dans ces chroniques, le rose côtoie et chevauche le noir en permanence. La frontière entre ces deux couleurs et ces deux états d'esprit n'est pas toujours très définie. Et au final, c'est plutôt le côté sombre qui l'emporte, selon moi. Avec parfois l'espoir d'un éphémère rayon de soleil. Peut-être est-ce pour tout cela que j'ai l'impression que Clarice Lispector a écrit ses livres pour moi.
12 octobre 1968
HYPOTHÈSE
Par ailleurs, aujourd'hui je suis un peu fatiguée et c'est du plaisir de la fatigue douloureuse que je vais parler. Tout plaisir intense atteint le seuil de la douleur. C'est une bonne chose. Le sommeil, lorsqu'il vient, ressemble à un léger évanouissement, une pâmoison d'amour.
Mourir doit être ainsi : pour une raison quelconque être si fatigué que seul le sommeil de la mort compense. Mourir parfois semble un égoïsme. Mais celui qui meurt parfois en a grand besoin.
Est-ce que mourir est le dernier plaisir terrestre ?
14 juil. 08
La vie pieds nus (Alan Pauls)
Ce livre est une madeleine de Proust pour ceux qui, comme moi, lieront toujours l'été à la plage et à ses rituels immuables.
Critique du livre sur le site Evene :
Ca commence comme une douloureuse évidence ; la plage n'est qu'un agglomérat de déliquescence, de déchets dont le sable est l'unité symptomatique. Maëlstrom de matières organiques, rocheuses et artificielles, il symbolise à lui seul cette reconstruction constante d'une étendue magique. Espace autonome, la plage s'épuise en souvenirs, ce lieu où l'on ne peut jamais être, condamné seulement à y avoir été. Formidable paradoxe auquel se confronte Alan Pauls dans 'La Vie pieds nus', qui fait se rencontrer ce mélange improbable de souvenirs, de sensations et de symboles indissociés : la plage. Erudit et drôle, l'ouvrage alterne les références populaires et les clins d'oeil à la pensée contemporaine, conscient qu'il est impossible de penser l'homme sans puiser dans ses habitudes, les plus éculées comme les plus secrètes. Poursuivant l'ambiguïté, il découvre la nature monstrueuse de cette plage que chacun attend alors même que celle-ci ne se plie à personne. Loin de se réduire à la description de moeurs ludiques et volatiles, Alan Pauls pense la mer dans ce qu'elle a de grave, de pesant, et l'on sent ce relent du ressac venir frapper, chapitre après chapitre, pour s'en retourner, comme il était venu, derrière une nouvelle idée. De même que chaque vague comporte son identité, chaque passage de ce livre laisse sa trace dans l'imaginaire. Mais la véritable force de l'auteur est de faire de son ouvrage un véritable récit, même une aventure. C'est ici un narrateur à la reconquête de ses souvenirs qui se met en scène. Fil conducteur d'un essai à entrées multiples, ces épisodes romanesques simplement suggérés ont la géniale capacité de lier cette masse de considérations qui en dit autant sur la nécessaire évolution des souvenirs que sur le passage à l'âge adulte. A l'image donc de cette plage, Alan Pauls construit un monde complexe, merveilleux et banal où se fondent imperceptiblement intimité des corps et expérience commune des souvenirs.
11 juil. 08
Spécial EXPO 58 - Isabelle fair hostess (Aline Kelenn)
La "chick lit" ou littérature de poulettes n'est pas une invention récente. Marabout Junior la mettait en quelque sorte déjà à l'honneur dans sa "Série Mademoiselle". Elle racontait les préoccupations des jeunes filles de l'époque et celles-ci s'identifiaient aux héroïnes. Dans la version moderne, ça n'a pas vraiment changé sur le fond et la forme. Même si d'un point de vue purement linguistique, on peut parler de révolution copernicienne.
"Isabelle fair hostess" est un hommage à ces jeunes filles qui firent le succès de la fabuleusissime Expo 58 ! On y découvre les recrutements, l'apprentissage, le déroulement des journées etc. Mais surtout, on fait la rencontre de jeunes filles qui, malgré tout, rêvent principalement du prince charmant.
Plus d'informations sur la "chick lit".
Je cherche le livre sur ebay !
09 juil. 08
L'affaire Lolita (Penelope Fitzgerald)
Angleterre. Fin des années 50. Florence Green arrive dans une petite bourgade où elle décide d'ouvrir une librairie. Les habitants du coin s'y mettront tous, à des degrés divers, pour lui mettre des batons dans les roues. La mise en vente du livre de Nabokov sera le prétexte à une intensification de l'ostracisme et des médisances dont elle est victime.
Penelope Fitzgerald dissèque, avec humour (noir), les mentalités villageoises étriquées qui, selon moi, n'ont pas beaucoup évolué. Baladez-vous en province de Namur et vous verrez.
Cette écrivaine au verbe élégant et acide n'a été traduite en français qu'en 2006. ENFIN!
Biographie (en anglais)
07 juil. 08
Meutre au Moulin Vert (Kerry Greenwood)
Phryne Fisher revient !
Pour cette 5è enquête, plus cadencée que les précédentes, elle nous emmène au Moulin Vert, dancing où un meurtre étrange a été commis lors d'un concours de danse. Entre déductions, actes de bravoure, jazz et blues, elle nous prouve à nouveau, qu'elle est non seulement une grande détective et une aviatrice chevronnée mais également une patronne exemplaire.
On y fait également connaissance avec les garçons sensibles de Melbourne et une veuve démoniaque.
Le tout est agrémenté de vivifiantes descriptions de corps sains et d'une nature sauvage indifférente à l'homme.
Conclusion désormais rituelle : vivement le prochain.
Le site de Phryne Fisher.
04 juil. 08
Oeuvres - Françoise Sagan
Je terminerai cette semaine spéciale par un bon truc dans la série "je me fais plaisir tout en faisant des économies" vu que le pouvoir d'achat n'est pas à la fête.
Les oeuvres considérées comme les plus marquantes de Françoise Sagan (il manque des choses selon moi) ont été rassemblées en un volume dans la collection Bouquins chez Robert Laffont. Intéressant et preiswert !
On y trouve :
03 juil. 08
Réédition des romans de Françoise Sagan - #4 - La Chamade

Lucile est jeune, elle aime lire des romans et vivre d'oisiveté grâce à l'argent de son amant Charles, qu'elle accompagne au théâtre, dans les cabarets ou dans les dîners mondains du Paris des années 60.
Un soir, elle rencontre Antoine qui incarne, pour elle, la beauté physique, l'amour fulgurant mais surtout une vie normale, un travail et des soucis matériels.
Personne n'a jamais décrit aussi délicatement l'oisiveté non coupable que Françoise Sagan.


